Donald Woods Winnicott by Denys Ribas

Donald Woods Winnicott by Denys Ribas

Author:Denys Ribas [Ribas, Denys]
Language: fra
Format: epub
Tags: Sciences humaines et sociales
Publisher: Presses universitaires de France
Published: 2019-06-23T03:00:00+00:00


Les effets pathologiques des faillites précoces de l’environnement

C’est l’intérêt principal de Winnicott et pour lui la principale cause de troubles psychiques y compris de l’adulte. Mais les conséquences vont être fondamentalement différentes suivant l’intensité de la carence de l’environnement et surtout suivant le moment de la maturation où elle survient.

L’angoisse inimaginable, ou agonie primitive. — L’enfant normal au début de sa vie est à considérer comme étant toujours « au bord d’une angoisse dont nous ne pouvons avoir l’idée » [33] , « angoisse d’annihilation [34]  » (1960) dont quelques variantes sont : se morceler, tomber sans fin, ne pas avoir de relation avec son corps, ne pas avoir d’orientation. Elles contiennent en germes la phénoménologie schizoïde et schizophrénique. Dans un texte posthume, la crainte de l’effondrement (1974), Winnicott parle d’agonies primitives, « l’angoisse n’étant pas un mot assez fort ».

Les carences du holding précoce entraînent des distorsions du moi gravement mutilante pour Winnicott, qui ont des conséquences graves : instauration de « la schizophrénie infantile ou autisme » associée ou non à des troubles organiques – qui favorisent la survenue des psychoses en diminuant les capacités intellectuelles de l’enfant – ou d’une schizophrénie latente chez des enfants intellectuellement brillants qui vont se décompenser lors de succès. Le faux self peut aussi s’installer, ou une personnalité schizoïde.

L’autisme. — La traduction récente de trois articles inédits de Winnicott sur l’autisme dans L’enfant, la psyché et le corps (1999) permet de préciser sa position en 1966-1967 sur ce problème devenu depuis encore plus d’actualité. Il explique sa réticence à suivre la distinction nosologique de Kanner – alors qu’il en reconnaît la pertinence descriptive – en premier lieu pour ne pas fixer certains enfants dans une « maladie » définie par un syndrome et prise du coup dans une idéologie médicale ne tenant pas compte de l’importance des premières relations. Il pense ensuite qu’il y a un continuum entre la schizophrénie infantile et l’autisme sans différence de nature du processus pathologique et avec la possibilité identique d’un éventail très large d’évolutions depuis une incapacité majeure aux relations et à la vie jusqu’à une intégration des intérêts particuliers à une activité professionnelle ou à une création artistique reconnue. Il donne ainsi des exemples cliniques de sa pratique montrant la variabilité de l’intensité des perturbations de type autistique.

Une remarque sur la compréhension de l’inversion pronominale – dire « tu » pour « je » – comme une identification projective poussée à l’extrême montre avec précision qu’il ne pense effectivement pas à des processus mentaux spécifiques différents de la psychose. Grâce probablement au travail de Winnicott sur l’immaturité du self et la non évidence de l’objet, on sait que Tustin et Meltzer défendront plus tard la position opposée de l’existence de défenses autistiques en deçà des défenses psychotiques avec l’usage (Meltzer) de l’identification adhésive pathologique [35] .

Winnicott précise dans une conférence à des parents d’enfants autistes [36]  qu’il ne peut leur épargner sa conviction étiologique théorique – la faillite précoce de l’environnement à s’adapter aux besoins de l’enfant – éventuellement majorée par



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